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La photo aérienne par drone dans la photographie immobilière de luxe et l’importance de raconter une histoire photographique dans un reportage

J’espère que vous avez passé d’excellentes vacances !
Pour cet article de rentrée je vous propose d’aborder le thème de la photo aérienne par drone et son importance grandissante dans l’immobilier de luxe. Plus bas je vous donnerai mes secrets pour raconter une belle histoire photographique.

Vous le savez, j’ai participé activement à la création de visuels impactants pour la villa de luxe Revère située quelque part sur la Côte d’Azur. L’avantage d’un tel projet est de pouvoir contribuer à sa conception par le biais de créations de visuels en 3d et des photos immobilières lorsque le bien est finalisé et rénové.

Pour ma part, j’ai créé une visite virtuelle en 3d alors que la villa n’était pas encore terminée, avec mon partenaire concepteur-3d. Ensuite, j’ai réalisé des reportages photo complets à différents avancements du projet, une visite virtuelle photographique où j’ai tout conçu ainsi qu’un site internet complet sous WordPress.

Ce sont autant de compétences qu’il faudra acquérir avec le temps. Elles cimentent à la fois votre réputation, votre notoriété et certainement votre autorité et donc votre légitimité. Mais avant il vous faudra apprendre et expérimenter les méthodes. Le blog sur la photographie immobilière de luxe est fait pour ça ! 🙂

Pour compléter ce panel de casquettes à avoir si vous voulez pérenniser votre affaire de photographe de luxe (d’aucuns préfèrent déléguer et donc sous-traiter certaines de ces compétences pour se concentrer sur leur expertise photo et nous verrons dans un prochain article, les avantages et inconvénients de ces stratégies) nous arrivons tout naturellement à la photo aérienne par drone.

Tout d’abord, voici quelques visuels de la villa réalisés en fin de journée au drone DJI Mavic pro dernière génération par mon partenaire et ami droniste, je suis intervenu comme toujours sur l’assistance lors du shooting (cadrage, choix des ouvertures et vitesse), la direction artistique (les angles de vue) et la post-production de fichiers bruts :

Il fallait mettre en valeur les éclairages nocturnes de la villa disséminés à différents endroits du jardin de manière à l’identifier comme une villa à la fois confortable mais aussi “verte” grâce aux nombreuses espèces végétales choisies dans le projet. Tous les leds sont de très basse consommation et réglables en intensité grâce à un variateur ! La classe.


Admirez la vue nocturne sur le village d’Eze à l’heure bleue et le toit végétalisé de la villa ainsi que sa piscine couleur lagon

Les photos au mât télescopique :

A noter que je m’étais rendu sur le lieu avant mon droniste car le propriétaire et l’architecte avaient besoin de visuels au mât télescopique en fin d’après-midi pour présenter officiellement la villa aux agences immobilières de luxe chargées de la vendre. Ils voulaient également des photos de la chambre de Maître avec une lumière de fin d’après-midi (voir plus bas) J’ai donc pris mon mât et j’ai commencé à shooter la villa depuis le point latéral près de la piscine :

Ici nous sommes à 5m de hauteur environ avec le Canon 17mm TSE à décentrement piloté via mon Ipad par le Cam ranger
Vitesse obturation : 1/50s. – Ouverture : F/11 –  Iso : 100 – Le 31/07/2017 à 16h27

Ici nous sommes à 6,5m de hauteur (maximum) avec le Canon 17mm TSE à décentrement.
Panorama de 3 photos assemblées sur Photoshop via Ligtroom CC
Vitesse obturation : 1/60s. – Ouverture : F/11 –  Iso : 100 – Le 31/07/2017 à 17h33

La chambre de Maître :

Raconter une histoire photographique :

Ah, enfin la partie artistique et créative ! 🙂 On ne me l’avait pas vraiment demandé mais j’ai décidé de raconter une histoire, en attendant le RV avec le droniste censé arriver peu avant l’heure bleue (grâce à l’appli Sunsurveyor j’ai pu déterminer avec précision l’heure du shooting idéal en soirée et lui donner un RV en conséquence : voir cet article où j’explique son fonctionnement =>)

C’est, selon moi, ce qui fait la différence entre le photographe amateur qui “cachetonne” et le professionnel soucieux de sa qualité de travail : raconter une histoire du lieu, tenter de retranscrire son âme. Vaste programme ! Mais alors comment faire ? Par où commencer ? Je connais bien la villa, je m’y sens bien, elle m’inspire. Vous conviendrez qu’il y a pire comme conditions de travail ! 🙂 Il faut dire que le propriétaire ainsi que l’architecte sont des professionnels passionnés par ce qu’ils font, ils veulent créer le meilleur produit où tout est pensé, mesuré, sous-pesé. Tout est fait pour le confort du futur propriétaire, de la domotique jusqu’à l’éclairage intérieur et extérieur, en passant par les économies d’énergie et l’intégration de la villa dans un milieu naturel. Dans un tel contexte, avec de si belles énergies positives, il ne m’est donc pas bien difficile de trouver l’inspiration ! 

Conseil de pro : il faut d’abord s’inspirer avant de croire que l’on pourrait photographier, c’est un peu comme un moteur de Ferrari : vous aurez beau avoir toute la puissance à votre portée de main, la meilleure technologie du moment, sans carburant le bolide ne démarrera pas ! L’inspiration n’est donc pas le moteur mais le carburant. Sans carburant, vous serez au point mort, peu importe la puissance de votre bolide ! 😉

Aussi, j’ai décidé d’aller me balader dans le jardin en fin d’après-midi afin de capturer de belles lumières avec des jeux d’ombres sur les espèces végétales, les allées, les plantes, la vue sur la mer, le village d’Eze. Mon but était de créer des triptyques artistiques pour montrer le lieu mais selon mon propre ressenti personnel, de les contextualiser dans un ensemble cohérent dans un environnement de charme et de douceur qui aura été pensé et conceptualisé. 

Les triptyques artistiques :

Voici quelques triptyques artistiques où j’ai assemblé quelques photos de détails prises au 85mm de Canon de part et d’autre des vues choisies au drone mais aussi à partir de certaines de mes photos :

J’avais pris soin de revenir dans mon studio de travail avec pas mal de “matière photographique naturelle” de manière à pouvoir choisir certaines photos pour les triptyques. Il est rare de conserver ces photos et qu’elles parlent d’elles-mêmes, je les couple quasi systématiquement avec d’autres photos.

Exemples de photos de détails qui peuvent être exploitées seules mais aussi servir à des triptyques artistiques :

Notez évidemment mon intention  délibérée de capturer cet instant furtif du passage du yacht dans le garde-corps en verre. En une fraction de seconde, j’ai intégré l’idée de sport nautique à la villa, un lieu unique au milieu de la Méditerranée et surtout, sur la French-Riviera, tout comme le bateau qui semble demeurer seul dans cette immensité bleue ! C’est ça raconter une histoire. On peut associer plusieurs émotions, sentiments et messages pour qu’ils se fondent les uns aux autres.

Comprendre l’harmonie des couleurs pour réussir ses photos à coup sûr !

Vous devez comprendre pourquoi une photo “fonctionne” d’un point de vue des couleurs. Ici, la photo plus haut nous montre que le bleu est la couleur complémentaire du jaune/orangé. Dame Nature ayant bien fait les choses, elle nous livre des couleurs somptueuses et naturelles qu’il faut savoir exploiter et comprendre en tant que photographe. Nous travaillons sur la couleur, celle-ci doit être théorisée et intégrée dans votre démarche artistique.

Voilà la preuve que si vous shootez en plein milieu de l’après-midi vous n’obtiendrez jamais une HARMONIE des couleurs que l’oeil humain perçoit comme authentiquement belle puisqu’elle fait partie de la Nature.

La palette de l’excellent site en ligne Paletton.com nous le confirme :

Une fois que vous avez compris les dominantes de couleurs liées aux couleurs naturelles, il vous suffira de les accentuer et de les saturer un peu pour que la “lecture” de l’image soit plus évidente comme dans l’image retouchée plus bas :

Et voici la même photo en RAW brut ! Les couleurs sont ternes et le débutant ne saurait pas quoi en retirer, il ne garderait que ce qui rend naturellement beau par l’appareil. Le pro lui comprend l’importance de la compréhension des couleurs dans le processus de post-production. Il l’exploite pour révéler et sublimer la beauté de l’harmonie des couleurs.

D’autres photos ne peuvent pas forcément parler d’elles-mêmes et je les prends uniquement pour étayer certaines compositions. Parfois, je reviens avec beaucoup de photos inutiles comme dans les exemples ci-dessous mais peu importe, l’essentiel est de pouvoir retranscrire fidèlement les émotions ressenties lors du shooting. Ce n’est jamais vraiment inutile car j’ai devant mes yeux des trésors de beauté naturelle qui peuvent m’inspirer et me donner d’autres idées :

Photo non retenue mais utile à mon inspiration. A noter que le Canon 85mm me permet d’ouvrir à f/1.2 pour donner des flous magiques aux photos.

Photo non retenue mais utile à mon inspiration. J’avais trouvé que le reflet naturellement flouté du village d’Eze sur la vitre de la fenêtre couplé au flou du lit car j’ai fait la mise au point sur le village, était intéressant et exploitable. Malheureusement ce ne fut pas le cas une fois rentré à la maison mais cela reste une de mes photos préférées de ce reportage même si je ne peux la livrer car elle serait contre-productive dans l’objectif qui est le mien de “vendre” ce bien efficacement.

C’est la photo typique utile aux triptyques artistiques. Je vais pouvoir l’exploiter dans le triptyque grâce à ses couleurs évidemment mais aussi à la diagonale du coin gauche du bas vers le coin droit en haut. De fait, c’est une photo que je réserve de préférence pour la photo de gauche mais je ne m’en fais pas une règle absolue, je laisse une grande place à ma créativité.

Tout comme celle-ci avec un traitement croisé particulier cohérent avec les couleurs chatoyantes de la fin d’après-midi d’été

Allez, encore un exemple pour bien vous faire comprendre la technique de l’harmonisation des couleurs en fonction de ce que vous offre la Nature sous vos yeux. Regardez par exemple pourquoi un champ de lavande sera TOUJOURS harmonieux avec de belles étendues d’essences aux couleurs jaunes/vertes saturées. Passons en revue les deux couleurs principales de la photo du haut :

Revenons sur Paletton.com et analysons :

On voit que la couleur violine se compose de la moitié de rouge et de bleu, il tire donc vers le rouge. La partie parfaitement opposée à cette couleur est la COMPLEMENTAIRE elle est donc naturellement harmonieuse. On le voit clairement sur Paletton, la complémentaire est composée de presque exactement de jaune et de vert pur

Exemple concret :

Suivez-moi bien, en partant de ce principe de la bonne compréhension de l’harmonie des couleurs on peut partir d’une photo intéressante d’un point de vue de la composition mais non optimisée au niveau des couleurs complémentaires. Ici, j’ai une dominante de couleur verte évidente. Il me manque naturellement la complémentaire violine car il était encore un peu tôt pour l’obtenir naturellement.

Tout l’art de la post-production est de la recréer subtilement sur Lightroom CC en passant par la partie “Virage partiel”. Concrètement, qu’est-ce- que je cherche à faire ? J’accentue le vert dans les parties les plus éclairées de l’image et JE RAJOUTE du violine dans les ombres !

Et voici l’image finale retouchée qui reste cohérente avec ce que je cherche à créer :

Et voilà ! C’est subtil mais terriblement efficace ! Vous aurez peut-être remarqué que j’ai enlevé sur Photoshop le robinet au loin car j’ai jugé qu’il modifiait la lecture de ma photo.

L’avantage avec cette technique d’harmonisation des couleurs est de pouvoir assembler plusieurs photos dont le “code couleurs” ne semble pas très éloigné comme ici : 

Avec une variante pour montrer une ambiance nature dans un jardin verdoyant, riche de parfums de Provence sur la Côte d’Azur comme plus bas. 

Et plus bas, les ombres de ce chemin légèrement rendues violines par ce procédé. C’est une question de dosage et de curseur, vous l’aurez compris. N’allez pas très loin dans la saturation sauf si vous cherchez à faire du Ramelli pour plus d’impact des photos. Dans le luxe, il faut saturer les couleurs vertes et bleues mais sans aller vers Serge Ramelli, ce serait mal compris par les codes du luxe.

Là je me suis concentré sur le message de l’image de la chambre de Maître. En accentuant volontairement les ombres de la chambre dans un bleu violine j’ai INDUIT subtilement par une démarche artistique cohérente (on appelle cela un parti-pris artistique qu’il faut savoir ARGUMENTER et surtout ASSUMER) que les senteurs de la lavande, la douceur de la lumière d’été et de la végétation verdoyante allaient pénétrer dans la chambre, comme si le violine allait refléter magiquement sur les draps blancs du lit et de la tête de lit magnifique.

Varier les mises au point :

Mon expérience m’a appris à ne jamais se contenter d’un seul et même endroit de mise au point. En effet, sur place, la mise au point sur un endroit précis peut se révéler flatteuse. Arrivé à la maison, la photo “se trouvait” quelques centimètres plus près ou plus loin. Si vous n’avez pas pensé à varier les mises au point, la photo est fichue et vous n’aurez certainement plus le loisir de revenir ! Shootez et shootez encore même si vous revenez avec des photos inutiles.

Dans cet exemple, la mise au point “instinctive” est sur village d’Eze à f/1.2 depuis le salon avec la vitre de la fenêtre fermée pour conserver les petits reflets et adoucir l’image. Coup d’éclat garanti ! 

Conseil de pro : faites la mise au point sur un endroit éclairé, l’oeil est naturellement attiré vers un endroit plus éclairé qu’un autre. Ainsi, vous aurez une double efficacité : vous aurez suggéré de diriger le regard vers un point précis que vous jugez intéressant grâce à la mise au point mais en plus, l’oeil sera attiré par la partie la plus éclairée : succès total de votre mise au point ! Vérifiez TOUJOURS à une parfaite netteté. Si vous avez un doute, reshootez.

Mais, parfois, il vous suffit de changer la mise au point sur le premier plan, en l’occurrence la petite table basse de la terrasse et vous obtenez un autre message photographique.

En mettant l’accent sur l’espace détente, vous SUGGEREZ que d’où vous vous situez, vous serez dans un état de quiétude extrême tout en soulignant le mobilier design vendu avec ! 🙂 Le message change donc suivant l’endroit de mise au point que vous aurez choisi. De plus, en choisissant délibérément le mode paysage et non le mode portrait pourtant parfait pour les photos de triptyques, vous faîtes exister votre photo comme une véritable photo de présentation. Allez pour être perfectionniste, il manque certainement deux sodas frais avec pailles et rondelles de citron (ou peut-être du Champagne) mais je n’en avais pas sous la main puisque mon shooting était improvisé en attendant le droniste.

Un dernier exemple de photo de détails qui semble inutilisable seule, et c’est probablement vrai, sauf peut-être pour montrer la qualité de finition du mobilier très haut-de-gamme, mais assemblée en triptyques elle prend tout son sens et devient fort intéressante pour la compo :

Ici, le lustre ne présente pas beaucoup d’intérêt d’un point de vue purement photographique. J’ai appliqué la même technique de virage partiel car la destination finale de ce fichier est le triptyque ci-dessous. 

Observez la couleur bleue du ciel que j’ai réutilisée dans les ombres via le virage partiel, à la fois pour la photo centrale mais aussi pour la plafond du salon où se trouve le lustre. Nous obtenons ainsi une cohérence parfaite des couleurs mais aussi de la composition.

Remarquez que je n’ai pas disposé la photo du lustre telle quelle, j’ai coupé le lustre d’1/3 pour conférer à l’ensemble un côté design qui joue sur les lignes droites et les rondeurs (table et lustre) le tout bien sûr dans une recherche de flous artistiques intéressants.

Enfin, pour clôturer ce long article, je ne résiste pas à l’idée de vous montrer une photo de la vue sur le village d’Eze à l’heure bleue ! Quel beau métier n’est-ce pas ? Je vous souhaite un jour d’aller shooter un lieu exceptionnel comme celui-ci, et à des heures magiques…

Portrait Vanessa Fouillet, soprano

Je vous présente mon dernier portrait. Il s’agit de ma collègue et amie soprano, Vanessa Fouillet. Vanessa est une jeune artiste lyrique pleine de talent qui se lance dans la carrière de chanteuse d’opéra.

Nous nous sommes croisés sur quelques productions à l’Opéra de Nice. Dès que je l’ai vue j’ai su que j’allais la photographier car son joli visage et son allure de jeune femme de trente ans, pleine de fraîcheur, de douceur et de féminité, m’ont beaucoup inspiré. Je lui ai proposé de poser pour moi pour une série de portraits et elle a gentiment accepté. J’ai organisé avant hier après-midi une séance dans un studio de danse sur Nice transformé pour l’occasion en un studio photo et voici le résultat.

Il y a pas mal de poses intéressantes (à vrai dire, c’est la première fois que j’en ai autant dans une séance photo, c’est exceptionnel ! 🙂 ) avec des tenues différentes. Je vous en montrerai d’autres au fur et à mesure de mes productions. Je vais sûrement en peindre certaines numériquement.

Je crois que Vanessa m’a permis de créer ce qui semble être mon plus beau portrait à ce jour et je l’en remercie sincèrement.

Pour ceux que ça intéresse, éclairage Fresnel le même que le Studio Harcourt mais j’ai fait en sorte que les ombres soient plus adoucies :
3 spots 300W et 3 autres 500W + 2 réflecteurs et fond gris neutre (pour pouvoir incruster le fond de mon choix sur Photoshop)
Boitier : 5d Mark III Canon
Objectif : Canon EF 85MM F/1.2L II USM
Focale : f/2.8
Vitesse : 1/125
Iso : 100

Vanessa-Fouillet

Comment prendre de belles photos immobilières mais pas que ?

Voilà la question essentielle d’un photographe professionnel dont le devenir de son métier dépend de la qualité constante de son travail.

Avant de répondre à la question de cet article, je crois qu’il est important de redéfinir la notion d’artiste-photographe et d’artisan-photographe. Ce sont des cousins possédant un ADN commun, ils se ressemblent, font partie de la même famille mais leur différence est fondamentale car si tous deux possèdent une maîtrise technique indéniable, un savoir-faire, l’artiste lui, recherche la beauté, je dirais même le sublime.

Pour les puristes de l’Art dont je suis, la maîtrise technique fait partie intégrante de l’univers de l’artiste, c’est sa base, mais il va plus loin que l’artisan qui se doit de maîtriser une technique : il crée une oeuvre d’art qui questionne, provoque une émotion, renvoie aux grandes interrogations de l’existence comme la vie, l’amour, la mort, la procréation, le sacré, la beauté, la contemplation mais aussi la face obscure de nous-mêmes. Aussi, le photographe qui se considère et se positionne publiquement comme un artiste, à tort ou à raison, se doit d’offrir au regard, une part de beauté personnelle, une vision du monde, un choix esthétique délibéré qu’il aura pensé et théorisé. Cela sous-entend d’avoir des références culturelles importantes dans tous les domaines artistiques, voire des formations reconnues ou une réelle compétence bien que ces filières ne garantissent pas le succès si l’on ne possède pas le talent nécessaire.

Pour celles et ceux qui me font l’amitié de me lire et de suivre mon blog, je puise mon inspiration dans le domaine des idées, de la littérature, de la peinture et de la Musique. J’ajoute que ce qui différencie l’Artiste de l’artisan c’est la conscience de son oeuvre, de ce qu’il aura imaginé et créé pour matérialiser ce qu’il considère être beau à ses yeux, pas seulement valable d’être créé.

Voyez-vous, j’ai des idées très arrêtées sur l’authentique beauté. Selon moi elle est universelle et je pense que la société de consommation dans laquelle nous évoluons, crée du virtuel pour nous aliéner, nous isoler, nous empêcher de ressentir personnellement de profondes émotions sincères et sacrées, en excluant de mon propos toute connotation religieuse. Les gens ne possèdent plus de références culturelles et intellectuelles qui leur permettraient de discerner le beau du laid, le vrai du faux, le juste de l’injuste. On ne leur donne plus les outils intellectuels pour qu’ils comprennent et décryptent le monde, s’en insurgent. On a sacrifié la conscience des hommes et leur liberté absolue de contempler la beauté des choses, au profit du consommateur abruti, inculte et lobotomisé qui, frustré, n’aura d’autre choix que de consommer des produits inutiles qui soulageront ainsi futilement son mal-être de vivre, sans lui permettre de trouver un sens valable à son existence.

En ce sens, je crois que nous évoluons dans une société authentiquement décadente où tout se vaut, se consomme rapidement et se vend selon un prix exclusivement lié à la notoriété comme étant une fin en soi. Or, les grandes oeuvres de l’esprit ou de l’Art ont mérité une notoriété car elles faisaient l’unanimité tant par la maîtrise technique de l’artiste que par leur beauté inhérente qui nous oblige malgré nous, quand il nous reste un tant soit peu de conscience personnelle, à rester contemplatif de longues minutes devant tant de sublime. Quand la beauté est là, nous ne sommes plus que ses obligés : elle nous a capturés et soumis dans son irrésistible tyrannie. Je crois que c’est la seule tyrannie à laquelle j’accepte de me soumettre sans me rebeller !

C’est donc la beauté qui est inestimable et le talent des hommes. La notoriété, normalement et naturellement, célèbre ce talent. Or, le marketing corrompt la notion de mérite, d’un élitisme pour tous. Un Hanouna qui gagne 200 000€/mois ne choque plus personne, on lui trouve même des qualités eu égard à son succès, comme si un riche pétomane valait le génie d’un Baudelaire ou d’un Mozart. Il obtient les mêmes privilèges, les mêmes honneurs. L’injustice sociale est là pour moi : ne plus permettre un élitisme pour le peuple, c’est le rendre esclave de sa bêtise et de son ignorance, peut-être pour mieux le dominer et le contrôler, occupé qu’il est à la dépendance du sexe sur le net ou du foot, le fameux adage “Foot et Poufs”, tel un troupeau de bétail qui marche en rang serré inconscient qu’il ira périr dans un abattoir tout en se croyant heureux. 

Les références artistiques, culturelles et intellectuelles vont vous permettre de faire la différence et de discourir sur un sujet qui demande réflexion, connaissance, savoir, maîtrise, mais aussi pureté de coeur pour ressentir l’âme de l’oeuvre, de l’artiste. Elles vont vous apporter une certaine noblesse sans qu’elle ne soit surfaite mais aussi une vraie liberté. Nous allons pouvoir discerner la puissance de la médiocrité qui nous ment, nous détourne, nous détruit, nous abaisse. C’est là tout l’enjeu passionnant de se cultiver, encore et toujours, pour mieux comprendre et saisir ce que nous avons de plus magnifique en nous à travers le talent de celui qui se propose de nous offrir sa version du Beau en plus de sa maîtrise. 

Alors, sur ce seul concept de liberté de création personnelle, le XXe s. a ouvert la porte à des charlatans, des usurpateurs qui ont détourné à leur intérêt mercantile, la notoriété. On le voit bien dans l’art contemporain où certains “artistes”, bien que le terme soit très largement sur-évalué, ne prennent même plus la peine de créer eux-mêmes leurs “oeuvres”, ils les font créer par d’autres et vendent ces “choses”, car je ne sais encore comment les appeler, souvent très cher pour un public inculte mais fortuné et pigeonné comme c’est le cas de beaucoup d’entrepreneurs à succès aujourd’hui, qui ne comprennent pas, sous couvert de faire un bon placement, qu’ils sont en train de se faire manipuler par le marché de l’Art et accessoirement escroquer ! La majorité des oeuvres d’art contemporain sont inrevendables dans les cinq années qui suivent l’achat ! Tout simplement parce qu’elles sont souvent conceptualisées mais d’une très grande laideur. Et nous revenons à mon constat de départ : l’oeuvre d’art cherche le Beau et quand elle le trouve, elle est éternelle et universelle. C’est à ce moment qu’elle prend sa vraie valeur et devient inestimable, tout du moins pour certaines.

Mais vous allez me dire, quel est le rapport avec notre activité de photographie immobilière de luxe ? Après tout, il y a plusieurs secteurs de business dans la photo immobilière. On n’a pas besoin d’être cultivé pour devenir photographe immobilier. C’est exact. A quoi va me servir la littérature, la Musique Classique, l’Opéra, la peinture et la philosophie quand je me retrouve seul dans un 3 pièces en plein coeur du centre ville d’une grande cité ? Et là, j’attire votre attention sur le fait que si nous choisissons de faire du haut-de-gamme, la culture personnelle va être déterminante. Pourquoi ? D’abord, parce que vous allez pénétrer un monde de privilégiés et de fortunés pour lesquels l’art de vivre est plus accessible. Vous imaginez bien que lorsque vous allez vous présenter, vous aurez un autre charisme avec une solide culture générale que si vous en étiez totalement exempt. Il ne s’agit pas de faire semblant ou de jouer un rôle pédant et élitiste mais bel et bien d’être et de rester soi-même. Vous avez besoin de ce bagage intellectuel. Bon nombre de fois, je me suis surpris à discuter des heures avec mes clients sur toutes sortes de sujets passionnants. La réussite dans le domaine de l’immobilier de luxe va vous permettre de connaître de grands restaurants gastronomiques, d’y être même invité par le Chef devenu un ami. C’est une expérience exceptionnelle ! On va vous ouvrir des portes secrètes que vous n’auriez même pas pu ouvrir même en étant client régulier ! Idem pour de grandes villas prestigieuses : avant de faire de la photo immobilière de luxe, j’étais loin de me douter que des endroits pareils existaient dans le monde ! Et je ne vous parle pas de reportages que je dois garder secrets par discrétion…

Bon nombre de personnes s’imaginent qu’en utilisant le même matériel qu’un photographe de renom, elles pourront obtenir le même résultat ce qui équivaut à croire faussement que si vous utilisiez la raquette de Nadal ou si vous vous affubliez de la tenue complète de Messi, vous joueriez aussi bien qu’eux ! Nous sommes plus dans le déguisement d’enfant qui cherche à ressembler à ses idoles qu’à la véritable construction d’une carrière de photographe professionnel. On voit l’impact et les effets occasionnés sur leur entourage et l’on cherche à obtenir les mêmes conséquences : l’argent, la gloire, la reconnaissance, le plaisir, la liberté, l’indépendance financière et l’attractivité. Sauf que l’inspiration et le talent ne s’achètent pas, ils se cultivent, il faut aller les chercher avec acharnement et détermination.

En revanche, pour les plus chanceux d’entre vous, pouvoir se payer des formations de grande qualité auprès de professionnels reconnus et pouvoir s’acheter du matos professionnel haut-de-gamme, peut vous faire gagner beaucoup de temps tout en ne garantissant pas votre succès. Venant d’un milieu modeste j’ai acheté mon matériel en faisant beaucoup de sacrifices car je savais qu’au fond de moi existait un talent, je l’ai travaillé comme on taille une pierre précieuse, avec minutie et patience et je l’offre à ceux qui sont réceptifs à ce que je fais.

C’est à ce moment précis que vous avez une occasion en or de vous prouver ce que vous valez en tant que photographe, de tester votre trempe d’homme, votre niveau de courage et de volonté. C’est cela qui n’est pas qu’une question d’argent…

Personnellement, je trouve ça très enthousiasmant et c’est le temps que je vais consacrer à me former, à peaufiner mes méthodes et mes techniques, que je vais pouvoir m’exprimer sans songer outre mesure aux problèmes techniques. Mon rêve serait de les dépasser. Alors, je ne vous promets pas la facilité, bien au contraire, je vous propose de travailler humblement sur vous même pour progresser, à votre rythme, pour un jour être fier de ce que vous avez réussi à accomplir. Voyez-vous, selon moi, c’est cela qui est inestimable, c’est en ce sens que VOUS serez appréciable comme un compagnon tailleur de pierre ou un Meilleur Ouvrier de France. Vous vous serez fait aider par d’autres hommes tout aussi valables et qui n’ont eu que le mérite d’avoir commencé tout simplement avant vous. Par contre, ils n’ont jamais abandonné.. Faîtes le chemin de la Culture personnelle et du sacrifice de votre temps, de votre argent et vous apprécierez la vraie valeur des choses. Elle est invisible mais vous procurera un plaisir inouï que seules certaines personnes peuvent connaître…

Bonne chance et bon courage pour la suite. Je vous souhaite tout le succès et l’estime que vous méritez.

Thierry.

Comment préparer son reportage photo en photographie immobilière de luxe ?

Voici un article dont le sujet est trop souvent éludé malheureusement. Savoir se préparer pour ne pas laisser de place à l’improvisation est une donnée fondamentale dans le métier de photographe immobilier de luxe, c’est d’ailleurs ce qui fait la grande différence entre l’amateur ou l’entreprise de photographie immobilière low cost. Qu’attend-on de vous exactement par rapport à des sociétés qui bradent le prix de photos immobilières ?

Ce qui fait la différence c’est que le client sait que nous n’allons pas bâcler le travail, le préparer, shooter de jour comme de nuit, à la meilleure heure pour montrer le bien sous son meilleur jour en maîtrisant toute la post-production. Le client fait appel à un artiste et non à de la photo industrialisée. C’est de la haute-couture de la photo ! Tout ceci se prépare et devient vite passionnant, il va flatter votre côté geek !

Je vais vous montrer comment se préparer pour réussir votre mission. Vous allez être beaucoup plus et mieux payé que les autres, à vous de montrer que cela vaut le coup de payer plus cher pour avoir un résultat au top.

Connaissance du lieu et informations indispensables

Sans être architecte, vous devez connaître un certain nombre d’informations essentielles concernant l’immobilier d’une manière générale. Lorsque vous êtes en prospection ou lorsqu’on vous contacte directement, ce qui est mon cas, vous devez poser un certain nombre de questions très importantes sur votre futur reportage. Elles sont indispensables pour que vous puissiez établir un devis complet et proche du service que vous délivrerez en contrepartie d’une rémunération :

  • Villa ou appartement ? si appartement, y a-t-il une terrasse ?
  • La superficie du bien et du terrain ainsi que le nombre de pièces
  • Y a-t-il un jardin créé par un architecte-paysager ou est-ce un jardin peu aménagé ?
  • Difficulté d’accès au lieu éventuel ?
  • Orientations cardinales pour l’ensoleillement ? (exposition ensoleillement du bien)
  • Les propriétaires consentent-ils à tout arranger pour la séance ? (ménage, home-staging éventuel, horaires matinales, ensoleillement, contraintes techniques etc.)
  • Photos aériennes par drone ? (prévoir pour les autorisations légales 5 jours avant)
  • Mât télescopique ?
  • Panoramas ?
  • Visite virtuelle 360° ? Si oui, combien de vues ? Intégration multimedia, charte graphique etc.
  • Disposerai-je d’un plan de la villa pour me repérer ? (recommandé dans le cas d’une réfection totale créée par un architecte, le bien n’est pas encore habité)
  • Existe-t-il des photos existantes pour un 1er repérage ? Puis-je les voir ?
  • Sur quoi dois-je mettre l’accent ? Qu’attendent de moi les propriétaires ou l’agent immo
  • Quelle est l’utilisation future des photos ? (magazine, site web, pubs papier ou internet ou pour vendre exclusivement le bien)

Fort de toutes ces réponses, vous êtes à même de pouvoir commencer à réfléchir à votre travail. Je vous conseille de vous mettre en relation rapidement avec un décideur ou un intermédiaire chargé d’organiser la séance photo car généralement cette personne dispose de tous les renseignements dont vous avez besoin ainsi que des informations et recommandations spécifiques au lieu, au voisinage, à la municipalité ou à tout autre détail qui pourrait avoir son importance dans la réussite ou l’échec de votre reportage. Il est impossible de tout noter ici car chaque cas est unique. D’après mon expérience, ce sont les grandes questions qu’il vous faudra impérativement aborder avant de commencer à photographier.

Repérage

C’est tout naturellement que nous arrivons à une donnée fondamentale de notre démarche professionnelle : le repérage des lieux. Il n’est pas systématique mais très fortement recommandé. En effet, je considère qu’il est impossible de rendre un reportage de facture professionnelle sans avoir vu au préalable le bien que vous devez photographier. Parfois, vous aurez accès à un certain nombre de photos et cet échange peut se faire facilement par mail.

Quand vous ne disposez pas de ce support visuel indispensable que sont les photos, vous devrez, dans la mesure du possible, vous déplacer vous-même, parfois à plusieurs reprises. Il s’agit plus d’un souci de conscience professionnelle que de nécessité absolue, car notre activité repose sur des données à la fois techniques et esthétiques mais concrètes. Personnellement, je le fais systématiquement puisque, habitant sur la Côte d’Azur, c’est dans le sud-est que je réalise 90% de mon activité photographique. Il m’est donc aisé de me déplacer, voire de faire quelques shootings de pré-reportage après avoir étudié théoriquement l’ensoleillement optimisé. C’est en général à ce moment que je décide, une fois rentré dans mon studio de travail, des focales à utiliser, des meilleurs points de vue observés et du bon réglage de mon boîtier, sans oublier les contraintes du terrain, du voisinage, de la circulation etc. Le jour j je disposerai de toutes ces données et mon travail s’en trouvera facilité.

A noter que le repérage est préférable lorsque vous travaillez avec un bien rénové par des architectes du luxe. Si vous travaillez pour une agence immobilière de luxe, vous vous contenterez de la collaboration de l’agent immobilier qui vous livrera toutes les informations indispensables comme la géolocalisation, l’exposition du bien, les meilleures heures pour shooter (si les propriétaires sont d’accord pour que vous shootiez aux heures propices. Ne facturez pas ce déplacement dans un rayon de 30 km du siège de votre entreprise.)

Exemple concret :

J’ai eu un jour à shooter un programme immobilier en plein centre-ville de Nice, plutôt moyen-gamme mais neuf, réalisé par un très grand promoteur connu à l’échelle internationale. Je disposais de plaquettes publicitaires en 3d et le bâtiment fraîchement construit, devait être pris en photo pour son inauguration. Or, la plaquette était très avantageuse car la 3d permet de montrer de belles vues, à plusieurs mètres de hauteur avec un recul suffisant et en choisissant des focales de l’ordre de 90 mm. Mon but était de faire correspondre la réalité à la 3d mais arrivé sur place il m’était impossible d’avoir le recul nécessaire pour shooter, de plus de grands platanes barraient la vue et mon meilleur emplacement qui me permettrait le meilleur cadrage devait se passer en plein milieu de la route ! Dans ce genre de cas, c’est l’expérience et l’ingéniosité du photographe qui priment. Je compris alors que je devais proposer autre chose, avec une focale courte et dynamique en expliquant mes contraintes techniques rencontrées par la configuration du terrain. J’ai quand-même fait appel au mât télescopique à 7m de hauteur et choisi une focale de 24 mm pour éviter trop de déformation. J’ai demandé à la société de faire en sorte que le bâtiment soit très propre sans outils et gravas près du lieu et la post-production a fait le reste sous Photoshop !

Appli ensoleillement & météo

Au temps où nous n’avions pas les technologies à notre disposition, nous pouvions prendre du plaisir à attendre et attendre encore le bon moment pour avoir la bonne lumière. Cette quête inlassable pour capturer LE moment n’est pas vraiment révolue mais disons que les Applis mises sur le marché aujourd’hui nous font gagner un temps non négligeable et précieux.
Si le repérage sur place est toujours nécessaire, voire recommandé ou carrément indispensable dans certains cas, on peut affiner l’appréciation théorique d’un ensoleillement, non pas optimal, mais en rapport avec notre recherche esthétique car, nous le verrons par la suite, se contenter de la vieille rengaine : « les meilleurs moments pour photographier et avoir une lumière magique et chaleureuse c’est le matin ou le soir» n’est pas suffisant pour un professionnel. Nous DEVONS connaître les positions du soleil en fonction des saisons et SAVOIR ce que ces données rendent comme résultat sur les immeubles, les bâtiments ou les villas ainsi que sur la végétation. C’est l’effet recherché qui nous GUIDERA et en fonction de cet effet, nous ETABLIRONS un plan d’actions précis. La démarche est professionnelle et non pas basée sur des données approximatives toujours dangereuses.

Mon conseil : les données des applis sont des BASES de travail mais ne constituent pas une fin en soi. Si nous décidons de faire notre reportage uniquement sur des données d’ensoleillement théoriques et à distance, nous prenons un gros risque car sur place, les éléments environnants peuvent changer la donne comme des ombres imprévues, un contre-jour sur ce que l’on veut principalement montrer, une montagne qui réduit la durée de l’ensoleillement, des travaux imprévus autour, une circulation intense… Un repérage sur place suivi de quelques essais de shooting seront toujours bien plus fiables pour ne pas se tromper.

Ces recommandations de bon sens étant posées, voici l’appli que j’utilise pratiquement à chaque reportage en immobilier de luxe et de prestige. Je ne l’ai jamais essayée sur mon Android car je pense que sur l’Ipad, la lisibilité est plus pratique.

Sun Surveyor :

Personnellement, je pense que c’est la meilleure appli que je connaisse. Elle prédit la position exacte que le soleil (ou la lune) occupe à un moment déterminé. Les données du site, les vues cartographiques et la boussole 3D interactive ne montrent pas seulement le moment du crépuscule, y compris l’heure bleue et d’or (avec une grande précision), mais aussi la position du soleil, l’angle d’attaque des rayons et le tracé des ombres en projection. La vue de l’appareil photo intégré est une fonction de réalité augmentée qui nous permet de voir à travers la caméra de notre appareil où le soleil se situera dans le ciel et quand il disparaîtra derrière un bâtiment ou une montagne ! Révolutionnaire !

Ce qui est le plus chronophage en photographie immobilière de luxe, c’est l’attente pour capter LE moment fatidique, notamment en soirée pour la fameuse heure bleue. Avec cette appli et toutes les d’informations qu’elle fournit, il est facile de déterminer la combinaison parfaite entre le moment et le point de prise de vue. Plus besoin d’attendre : il vous suffit d’être au bon endroit au bon moment pour photographier le bien sous sa meilleure lumière.

Quelques images de l’appli : (photos du net, l’appli est bien en français)

Sun Surveyor pour la photo immobilière de luxe

 

Et quelques captures d’écran de mon Ipad personnel

Parmi toutes les fonctionnalités qu’offre l’appli, celles que j’aime sont les suivantes

  • Boussole 3d
  • Affichage sur la carte
  • Vue détaillée
  • Le street view,

Le street view oui mais avec les données de l’appli ! Vous pouvez situer le bien dans son
milieu naturel en regardant sa position par rapport au soleil en fonction des jours et des
heures que vous pouvez sélectionner, les 4 points cardinaux, les degrés etc.

Sun Surveyor d’Adam Ratana est disponible pour les smartphones et les tablettes
(Android et iOS) Elle coûte 9,99 €, un peu cher mais à mon avis elle est totalement
indispensable pour tout professionnel exigeant.

La préparation la veille

Nous arrivons au moment crucial qui va vous distinguer d’un amateur en photo : la préparation de la veille. Personnellement, j’adore préparer ma visite la veille car la pression monte tout comme l’adrénaline, c’est l’occasion pour moi de me prouver à moi-même que le client a bien fait de me faire confiance ! C’est du reste une bonne boussole pour savoir si vous êtes un bon photographe : vous devez bien vous préparer en amont pour pallier aux problèmes que vous allez rencontrer sur le terrain. 

Le mauvais photographe ne prépare JAMAIS sa visite la veille. Il compte sur l’improvisation et donc sur l’approximation du shooting. Grosse erreur : de bonnes images ne sont pas un hasard. C’est le résultat d’une MAITRISE, de plusieurs COMPETENCES et d’un SAVOIR-FAIRE qui demandent de la formation, du temps et du talent. C’est ce qui fait votre valeur et justifie votre rémunération.

Vous devez essayer et essayer encore votre matériel chez vous pour vous assurer que tout fonctionnera comme vous le souhaitez et même anticiper les éventuelles pannes de matos. Normalement, si vous avez bien brieffé les propriétaires sur le ménage et donc le rangement, le jardin, la déco avec le home-staging éventuel, théoriquement on attend plus que l’Artiste entre en scène, vous ! Mais comment faire ?

La check-list

Voilà la donnée la plus importante : la check-list. Passez en revue tout ce dont vous aurez besoin pour le shooting. En général, les erreurs proviennent de petits détails auxquels on n’avait pas pensés comme de la connectique manquante, des piles déchargées, des batteries oubliées, des petites têtes panoramiques défaillantes ou carrément oubliées à la maison ! Ne négligez pas ce processus : il doit être compris dans votre prix.

Dans le cas de la visite virtuelle 360°, bien souvent je sépare le shooting photo de la visite 360 car je tiens à shooter aux bonnes heures et la visite virtuelle est plus chronophage que de simples photos. Je réalise et finalise TOUJOURS la veille ou l’avant-veille du shooting quelques panos 360 depuis mon salon. Je vérifie le point nodal pour pouvoir le reporduire sans me poser de questions sur le lieu le lendemain.

D’une manière générale, je contrôle tout mon matos la veille du shooting au soir et mon sac doit être méticuleusement rangé. N’oubliez rien ! Et surtout, prévoyez l’imprévisible comme des cartes mémoire qui flancheraient par exemple ou des attaches rapides pour boîtier.

Allez, lancez-vous ! Vous allez voir, c’est vite grisant. Shootez tout ce que vous trouverez beau, c’est la clé absolue et sous tous les angles ! Même si vous revenez avec beaucoup trop de photos ce n’est pas grave, ayez le choix en rentrant et tout devrait bien se passer.

Bonne chance et croyez en vous !

 

Coucher de soleil et photos de nuit d’une villa de luxe à St Tropez

Voici quelques photos d’une villa de luxe que j’ai eu la chance de shooter dans une villa de luxe à St Tropez. Je vous mets en-dessous les exif de la photo ainsi que l’heure de shooting. A noter que la nuit tombait plus tôt au mois d’avril. Agrandissez les photos elles sont en HD !

Ce qui est vraiment intéressant lorsqu’on a atteint un certain niveau dans la photographie immobilière de luxe c’est bien évidemment de pouvoir pénétrer dans des lieux incroyables. Etre photographe immobilier de luxe c’est aussi et avant tout prendre du plaisir car lorsque vous vous retrouvez seul, devant une vue paradisiaque au coucher du soleil pour immortaliser à la fois l’instant mais aussi le lieu, c’est un exercice unique que je vous conseille !

Coucher de soleil villa de luxe St Tropez Thierry Russo-DelattreVitesse : 1/30s. – F/11 – Iso : 100 – Le 12 avril 2017 à 18h56

 

Vitesse : 1 s. – F/11 – Iso : 100 – Le 12 avril 2017 à 19h27

 

Coucher de soleil villa de luxe St Tropez Thierry Russo-Delattre

Vitesse : 8 s. – F/8 – Iso : 100 – Le 12 avril 2017 à 19h35

 

Coucher de soleil villa de luxe St Tropez Thierry Russo-Delattre

Vitesse : 2 s. – F/8 – Iso : 100 – Le 12 avril 2017 à 19h33

[TUTO] Comment ôter des magazines et des classeurs sous une table basse sous Photoshop CC ? (Tutoriel Youtube)

C’est avec une immense joie que je vous annonce la création de mon blog consacré à la photographie immobilière, appelé très logiquement : blog-photographe-immobilier.fr ! Il sera en ligne prochainement, avec des conseils, des tutos, le HDR, les logiciels, le matériel, les VOD, le guide à télécharger, une méthode de shooting spéciale pour les photographes sans oublier les agents immobiliers qui me contactent beaucoup via mon blog, ainsi qu’une partie réservée à de la formation sous forme de coaching en ligne ou en présentiel, pour convenir à chaque budget et chaque objectif.

C’est un tutoriel qui traite de la retouche photo de la table basse du salon d’une villa de luxe de St Tropez. En effet, ce tutoriel a une histoire. Parmi certaines de mes photos du bien, l’image du tutoriel a été choisie pour paraître en double-page de Propriétés de France Le Figaro  (juillet/août 2017) ainsi que dans le Wall-Street Journal pour en promouvoir la vente (il vous en coûtera la très modique somme de 30 millions de dollars !)
or, en recevant la maquette, je me suis aperçu que la table basse aurait été mieux sans les classeurs et les magazines, que j’avais oublié d’enlever. Pas de panique, Photoshop est mon ami ! Et je vais vous montrer comment ôter des objets sous une table basse pour rendre la retouche invisible.

J’ai décidé de créer blog-photographe-immobilier.fr , qui va venir renforcer mon blog personnel, et plus se spécialiser sur les tutoriels sur la photographie immobilière de luxe mais aussi traditionnelle. Je crois qu’avec des conseils simples, courts et efficaces, on peut progresser rapidement et parfaire sa technique. Le tuto ne dure que 11 minutes. C’est un format volontairement court mais précis.

Alors, si vous avez aimé : likez et partagez ! N’hésitez pas à m’écrire vos retours, ça aidera le blog et la chaîne à se démocratiser. Cet été, mon objectif est de créer un tuto tous les 3 jours !

De belles photos n’aident pas à vendre un bien immobilier !

Pourquoi de belles photos n’aident pas à vendre un bien immobilier ?
 
J’avoue que ce titre est savamment provocateur, d’aucuns le qualifieront de « putaclic » mais il est pourtant tout à fait le reflet de ce que je pense. Pratiquement tous les photographes qui prêcheront pour leur paroisse iront de leur litanie habituelle : « une personne désireuse d’acheter un bien immobilier s’attarde avant tout sur les photos (80% est très souvent le pourcentage annoncé). Si elles sont de qualité, vous avez beaucoup plus de chances d’attirer le prospect et de susciter une visite, il est donc primordial de soigner la qualité des photos… » Ce genre d’affirmation revient à faire confiance à un arracheur de dents qui serait en train de vous assurer que cela ne vous fera pas mal du tout ! 

Autant vous le dire tout de suite, tout ceci est absolument faux ! En réalité, le photographe professionnel qui affirme une telle énormité est en train de vous confier deux choses : soit il essaie de se mettre en avant pour vendre ses photos, soit il n’a pas d’expérience dans le milieu de l’immobilier. Je prêche évidemment pour la première éventualité.
Des photos professionnelles, fussent-elles les plus belles, n’aident pas à la vente d’un bien immobilier. Cette implacable conclusion est le fruit de mon expérience avec les agents immobiliers, que ce soit pour des biens immobiliers de luxe comme pour des biens dits « communs ». Ce n’est pas la qualité des photos qui fait vendre mais bel et bien l’adéquation entre le bien immobilier que vous mettez à la vente et le prix du marché, et accessoirement le potentiel financier du futur acquéreur ! En d’autres termes, tout le travail de l’agent immobilier est d’entrer en contact avec LE BON ACHETEUR, celui qui est capable de l’acheter à certaines conditions, surtout si le bien est au prix du marché. Bien souvent, ils ont à se battre avec les exigences des propriétaires qui ne comprennent pas que le prix est trop élevé. Un agent immobilier ne proposera jamais de miser sur un bon reportage photo si le prix est trop élevé car il sait qu’il aura gaspillé son argent inutilement. Si votre bien est magnifique tout comme le sont les photos mais s’il est trop cher, vous mettrez beaucoup plus de temps à le vendre, si vous arrivez à le vendre à ce prix ! Avec ou sans de belles photos immobilières !
 
Comme je le dis souvent : “Je suis photographe et pas magicien. Vous aurez beau employer le meilleur photographe de la Terre, si le bien à photographier n’est pas terrible mais s’il trop cher par rapport à d’autres biens immobiliers concurrents, il n’attirera pas foule !” 🙂
Allez, pour être plus précis, je dirais qu’il existe des exceptions : il y a des biens dont les prix dépassent l’entendement et plus il y aura de moyens déployés pour le promouvoir, plus il prendra de la valeur et sera convoité mais à la seule condition qu’il soit VERITABLEMENT exceptionnel, soit par sa lignée d’appartenance, soit par son emplacement, soit par les deux éléments réunis ! Pour tout le reste, l’aspect financier reste le même avec des cibles plus haut de gamme, tout simplement. A budget égal, on choisira le moins cher et le plus attractif.
 
 
Mais alors, à quoi peuvent bien servir des photos de qualité ? Pourquoi m’évertuer à vouloir absolument créer de belles images si j’ai l’intime conviction qu’elles n’aident pas à vendre un bien immobilier ? 
 
 
Tout d’abord, je dirais que je suis fabriqué comme ça : je n’aime pas la laideur et je ne vois pas pourquoi, dans la mesure où je pourrais faire quelque chose de qualité, je devrais me contenter de bâcler, de ne pas viser la perfection ou l’excellence à la française. Je suis un perfectionniste maladif !  Vouloir faire du beau est donc un acte généreux et d’amour. C’est un don, vous naissez avec ou pas. Soit vous le gardez pour vous, soit vous le partagez. Vous l’aurez compris : faire du Beau (ou tenter de l’atteindre) est un état d’esprit, une vision du monde, une philosophie qui tend vers l’amour de la perfection, où la beauté reflète l’envie de sublimer et de changer une réalité crue. C’est le refus de la vulgarité dans le sens de ce qui est commun.
 
Cela me fait penser à un proverbe anglais que j’aime beaucoup : « Un gentleman est toujours élégant, même s’il est tout seul. » Retenez bien cette phrase dans le luxe, elle est importante…

Qu’attend-on d’un bon photographe immobilier ?
 
Ensuite, une marque, une enseigne, dont l’image serait liée à la qualité, est un vrai plus, et ce, depuis que le commerce existe. Un bon photographe est donc avant tout un « faiseur d’identité visuelle ». Votre style, votre sensibilité, votre univers et/ ou votre sens de l’esthétique seront recherchés car vous allez les faire correspondre à l’image que la marque voudra bien donner auprès d’une cible marketing. On fera donc appel à vous pour tout ce que vous allez apporter au développement de la marque par rapport à son image, c’est-à-dire que votre univers correspondra à l’univers de la marque qui s’associe à vous… c’est donc un intérêt commun. Soyez donc lucide quant à l’adéquation entre votre style photographique et certains projets. Mais je vous conseille d’avoir un style et un univers, cela paraît évident mais je vous assure que le luxe ne pardonne pas, sinon, il faudra bien avoir avec un plan B ! 🙂

Entendons-nous bien, la Beauté a déjà été théorisée et identifiée par les plus grands artistes des siècles passés, vous pourrez vous exprimer librement mais cela ne signifiera pas forcément que vous aurez atteint l’indubitablement beau qui plaira, il y a des règles et des idées arrêtées sur la beauté, je vous conseille de vous former et d’atteindre un niveau d’exigence technique élevé avant de vous lancer dans le luxe

Pour aller plus avant dans l’analyse d’une belle vente immobilière, je dirais que le niveau de formation de l’agent immobilier et de sa qualité propre y sont pour beaucoup. Il doit arriver à cerner le client potentiel en face de lui et lui vendre le bien idéal correspondant à ses attentes, suivant son profil psychologique, son profil-client et surtout, son budget ! Si un beau bien plait au client mais que ce dernier n’a pas les fonds nécessaires, de belles photos immobilières ne serviront strictement à rien ! C’est un travail de commercial. Les règles d’apprentissage de vente classique s’appliquent donc à ce type de produit et d’activité. Votre univers et votre sensibilité seront… comment dire… décalés face à l’implacable réalité du business !
 
 
On achète un bien immobilier pour différentes raisons. Pour le traditionnel, c’est pour y installer le plus souvent sa famille, si possible près des écoles ou de son lieu de travail. L’aspect pratique est primordial. Le budget, en général serré, est aussi un facteur important.
 
Dans le luxe, c’est l’aspect égocentrique qui prime, couplé au goût du confort extrême, ce que j’appelle « la haute-couture » du confort ! On achète un bien de luxe pour affirmer une réussite sociale, soit à soi-même soit envers les autres que l’on cherche à impressionner. Un bon photographe immobilier a donc intérêt à comprendre les motivations d’un propriétaire d’un bien immobilier de plusieurs millions d’euros. Le propriétaire cherche à s’imposer socialement, mais à rester discret pour le commun des mortels ! Ultime contradiction mais qui est bien réelle. On veut des photos exceptionnelles pour les futurs acquéreurs mais le bien ne doit pas être montré en photo à tout le monde. Discrétion oblige… La notion de discrétion dans le luxe est CAPITALE.
 
Les investisseurs, quant à eux, ne recherchent que des bonnes affaires ! Peu importe la qualité des photos, plus il y a de travaux à accomplir et donc plus le bien est en mauvais état, plus ils voient l’opportunité se dessiner de faire baisser conséquemment le prix de vente, parfois jusqu’à -30% du prix du marché ! En général, le photographe immobilier intervient APRES les travaux ! 🙂
 
Le vrai marché pour le photographe immobilier de luxe :
 
Je vous entends de là : « Mais alors, les restaurants, les hôtels, les locations saisonnières etc. ont pourtant de très belles photos pour vanter leur établissement ? » Ah ! Enfin vous avez compris le vrai marché pour un excellent photographe immobilier et d’architecture ! Vous ne ferez pas fortune dans la photographie immobilière avec des agences immobilières, même de luxe ! Entrez-vous ça dans le crâne une bonne fois pour toutes !

On crée de belles images pour des établissements pérennes et de qualité, liés au tourisme. Vous gagnerez beaucoup d’argent si vous êtes un des meilleurs, certes, mais aussi et surtout parce que vous aurez visé des établissements touristiques où l’image de marque est primordiale, ou bien auprès d’architectes renommés qui cherchent à promouvoir leurs créations. Ils cherchent des images exceptionnelles, à vous de les créer ! 🙂
Vous devrez comprendre en quoi votre univers correspond à un type d’établissement ou un style d’architecture. Personnellement, je me dirige vers les Relais & Châteaux car j’adore cette chaîne et je sais de manière formelle que mon style correspond parfaitement à un certain type d’hôtels-restaurants Relais & Châteaux, à certains 4* ou 5*, ainsi que des Palaces liés à l’Histoire et à la Culture. Il faudra que vous donniez envie de venir y passer un bon moment. Vous allez donc susciter un coup de cœur, non pas pour vendre un bien immobilier à la vente, mais pour aider à vendre du rêve où un business s’est développé autour de ce rêve. 
 
Mon ultime conseil est donc de trouver ce qui vous fait rêver vous-même pour ensuite le vendre aux autres. Plus vous serez dans votre élément et plus ce sera facile d’exprimer quelque chose de sincère et de profond.
Vous allez augmenter votre notoriété et qualifier votre image de marque. Si vous décidez de devenir photographe immobilier de luxe pour « vous en sortir », pour changer de classe sociale, pour prendre une revanche sur la vie, je ne vous ferme pas la porte, au contraire, c’est une excellente opportunité pour vous, mais sachez que vous allez apparaître pour un parvenu, comme quelqu’un qui se fiche de la qualité de son travail. Les réputations vont vite et vous devrez être réputé pour votre professionnalisme (c’est le principe N°1) mais aussi pour votre honnêteté vis-à-vis de ce que vos images valent vraiment. N’y allez pas tant que vous n’avez pas atteint le niveau exigé. Travaillez et travaillez encore ! Investissez financièrement tout comme sur le temps passé. Devenez excellent, visez l’impossible. Si je l’ai fait, vous pouvez le faire aussi… A condition que vous ne trahissiez pas la confiance que l’on a mise en vous. Vous devez rester vierge quant à cette notion de confiance.
 Au fond, la confiance et l’honnêteté c’est comme la virginité : cela ne sert qu’une fois…

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

Dans la photographie immobilière de luxe, l’usage du drone est devenu la norme. Les projets sur lesquels j’ai eu la chance de travailler consistaient en des réfections totales de bâtiments luxueux ou de villas haut-de-gamme sur la Côte d’Azur. Il fallait les photographier sous différents angles et à plusieurs dizaines de mètres d’altitude de manière à pouvoir les recréer en 3d avec 3dsMax. Pour l’anecdote, sachez que j’interviens également sur la partie 3d avec mon partenaire concepteur 3d avec lequel j’ai l’habitude de travailler. Nos deux compétences se marient à merveille et nous avons pris l’habitude d’obtenir de très bons résultats ensemble sur des projets de luxe qui doivent rester confidentiels.

Alors, vous devez sûrement vous demander si j’ai pris moi-même ces clichés au drone. Evidemment non et je vais vous expliquer pourquoi je travaille ainsi et comment je procède. Tout d’abord, j’ai trouvé un partenaire droniste que j’ai choisi sur ses références, son sérieux, sa rapidité, sa fiabilité et son professionnalisme, sans oublier la qualité de son matos qui reste une donnée fondamentale. Le matériel de drone coûte très cher (parfois jusqu’à 15 000€) et il se change très fréquemment. De plus, il demande beaucoup de compétences dans différents domaines. Pour un photographe immobilier de luxe, il serait contre-productif d’investir dans un drone pour shooter et de passer un temps non négligeable à se former pour apprendre un vrai métier car le métier de droniste ne s’improvise pas.

Les tarifs de prestations de drone sont en réalité très abordables de l’ordre de 290€ HT à 400€, cela peut monter jusqu’à 800€ HT la journée + la création de panoramiques 360°. Mais généralement la prestation tourne autour de 400€ HT avec photos illimitées + mon assistance et ma retouche personnelle que je facture personnellement 200€HT. Le client se retrouve donc avec un reportage complet à 600€ HT avec photos et panoramiques illimités.

A noter que je suis toujours sur place pour assister et conseiller le droniste. Je peux diriger la séance photo sereinement en contrôlant l’exposition, le bracketing éventuel (oui, vous pouvez même bracketter depuis un drone !) et le cadrage en fonction de ce que je sais des besoins du client, ce dernier étant généralement présent sur le lieu de shooting au drone.

Voici le résultat d’une séance de drone, quelque part au Cap d’Antibes. Il fallait montrer la vue depuis l’Hôtel de luxe mais à 30m de hauteur supplémentaire (sur un projet avec le droniste, nous sommes allés jusqu’à 150m de hauteur !)

C’est un assemblage de 4 photos sous Lightroom. Je vous explique plus bas le tuto complet :

photo aérienne par drone, thierry russo-delattre photographe immobilier de luxe

L’avantage avec des fichiers DNG (l’équivalent du RAW) c’est qu’ils sont très volumineux (4856 x 3640 pixels) et vous pouvez, par conséquent, les retravailler comme des photos sortant d’un appareil 24 x 36. Vous récupérez donc les hautes et les basses lumières aisément et pouvez retoucher les couleurs d’une manière traditionnelle sur Lightroom. Les panoramas assemblés sont tellement volumineux qu’ils peuvent atteindre facilement 100 x 50 cm en HD sans perte de qualité, et même plus encore ! Vous pouvez donc recadrer votre photo comme bon vous semble comme ici :

photo aérienne par drone, thierry russo-delattre photographe immobilier de luxe

N’oubliez pas, lorsque vous recadrez votre panorama si vous avez à le recadrer, faîtes-le donc dans les règles de l’art à savoir en essayant de respecter la règle des tiers, par exemple en choisissant de placer l’horizon sur la ligne de force supérieure comme ici :

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

Alors passons au tuto de la retouche de photos sortant d’un drone :

Voici plus bas le fichier brut en DNG que nous allons retoucher ensemble. Quelques précisions tout de même sur la prise de vue. Le droniste et moi avions convenu de shooter par un jour de très beau temps en calculant l’exposition du soleil pour que ce dernier se trouve derrière nous. Nous étions pourtant en début d’après-midi et chaque photographe sait que ce n’est absolument pas le bon moment pour shooter, néanmoins, au drone, les possibilités se compliquent facilement car la législation s’est durcie ces dernières années, il y a beaucoup de contraintes liées à la sécurité, ce qui se comprend aisément. Nous avons donc cherché à optimiser la qualité des photos même si les heures de shooting ne pouvaient être changées. Nous avons donc réglé l’ISO à 100 et malgré un jour de grand vent, la vitesse a été fixée automatiquement à 1/500s ce qui est vraiment pas mal du tout. L’ouverture à f/5,6 est un très bon compromis.

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

Voici sur Ligtroom, les 3 photos supplémentaires prises au drone pour les assembler ensuite sur ce même logiciel d’Adobe pour former mon panorama de 4 photos au total :

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

On remarque déjà, à la prise de vue, que les fichiers sont très bien équilibrés grâce à l’histogramme. Il ne nous reste plus qu’à récupérer les hautes et les basses lumières et de rajouter un peu de “noirs” pour booster les contrastes, sans oublier la vibrance pour sublimer les bleus. Enfin, j’ai noté les 4 photos sur 5 pour mieux les repérer par la suite.

La photo retravaillée qui va me servir de base pour les autres. Comme vous pouvez le constater, quelques curseurs ont suffi pour la raviver considérablement. J’ai même gardé la température de couleur d’origine en la conservant “telle quelle” ! 🙂

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

Les seuls réglages par la suite concernent la netteté et la suppression des aberrations chromatiques

Il ne me reste plus qu’à copier les réglages en les synchronisant avec les autres photos, à partir de mon fichier retouché. Pour sélectionner en multiple : Shift + clic sur la vignette

Je sélectionne tous les réglages et je synchronise toutes les photos sélectionnées comme plus bas :

La création du panorama :

Vient l’instant tant attendu, la création du panorama. C’est très simple depuis Lightroom CC (version 2015.10) Une fois toutes vos photos sélectionnées, procédez comme plus bas :

[TUTO] Comment créer et retoucher un panorama depuis un drone ?

Redressons à présent l’horizon :

En choisissant l’outil recadrage, notez que Lighroom a recadré le panorama automatiquement ! Pratique. Ensuite, c’est l’outil Angle qui fait partie de l’outil recadrage, qui va nous permettre de redresser l’horizon :

Bien entendu, ça marche en assemblant beaucoup plus de photos comme plus bas et dans toutes les occasions. Passionnant, n’est-ce pas ?

photo aérienne par drone, thierry russo-delattre photographe immobilier de luxe

Et n’oubliez pas, en photographie comme en toute chose, suivez le vieil adage du grand Charles de Gaulle : “Prenez invariablement la position la plus élevée, c’est généralement la moins encombrée.” 🙂

Dario Luschi, basse à l’Opéra de Nice

Voici le portrait de Dario Luschi, artiste lyrique professionnel à l’Opéra de Nice. Dario est un artiste que je connais et côtoie depuis plus de 15 ans. Sa particularité, bien sûr, est avant tout de chanter sur la scène de ce mythique théâtre français et ailleurs, mais également d’être un athlète accompli. 

Dario m’a commandé une série de portraits officiels pour les programmes des concerts dans lesquels il se produit régulièrement. Ce sont des portraits classiques en smoking. Or, nous avions prévu quelques créations selon mon univers en clair-obscur mettant en valeur ses qualités athlétiques.  j’ai donc retenu pour vous le présenter, ce portrait, torse nu, plus artistique, qui sort du cadre de ce qu’il m’avait commandé. J’ai recherché la virilité et la force au service de l’univers d’opéra dramatique par la sculpture de la lumière sur le corps et du regard pénétrant, je vous l’explique plus bas. Pas moins de 4 spots Fresnels cinéma entourent mon modèle sur fond de velours noir. J’ai étudié précisément la lumière sur la musculature de Dario et j’ai fait en sorte  à ce qu’aucune partie de son corps ne soit cramée ni totalement bouchée.

L’avantage quand on travaille avec des chanteurs d’opéra c’est qu’ils sont habitués aux jeux de lumière puissants, à des ambiances sombres et intenses, visibles uniquement sur des scènes de théâtre, où le tragique se mêle au dramatique, aux passions exacerbées, à l’amour et à la haine, à la lâcheté et à la grandeur d’âme, aux trahisons et aux grandes loyautés. L’expression devait être menaçante, violente. Il devait se dégager du portrait une force virile charismatique, sensuelle, tout en suggérant par le regard et la posture, une blessure de coeur, une faille affective profonde, une vulnérabilité protégée par des bras croisés à l’allure de titan. C’est l’idéal pur de l’homme trompé, trahi, humilié dans sa virilité qui ne pense qu’à sa vengeance par désespoir, tel un Don José offensé par son inaccessible Carmen qui s’est jouée de ses sentiments possessifs et de ses pulsions charnelles, pour en préférer un autre, plus flamboyant encore. La seule issue pour la Perfide et l’Indomptable est la mort…

Dario possède cette culture opératique contrastée et je n’ai pas eu à lui expliquer des heures ce qui fait la caractéristique principale de son métier et qu’il fallait retranscrire métaphoriquement par la photographie. Quelques clichés ont suffi pour immortaliser cet instant unique. Je crois que je tente de conscientiser et de matérialiser par l’image ce qui est instinctif chez l’artiste lyrique. Je pense mon Art, je l’analyse, probablement pour faire en sorte que ce dernier ne me domine pas sinon il me perdrait et m’anéantirait dans les méandres de mes propres passions…

Boîtier : Canon 5d Mark III
Objectif : 85mm 1.2
Ouverture : f/2.0
Vitesse : 1/60s
ISO : 320
Eclairage : 4 Spots Fresnels Desisti 650W + 1 réflecteur argent