Archives de catégorie : Littérature

Hommage à René Girard

Aujourd’hui, je suis en deuil. J’apprends avec une grande tristesse le décès de René Girard, anthropologue, philosophe, Académicien, Professeur émérite de littérature comparée.

Girard m’a ouvert des voies intellectuelles que je ne soupçonnais pas, tout comme Lévy-Strauss, le maître du structuralisme. Il me fascinait car il fut un grand penseur de notre culture occidentale. Je voulais vraiment comprendre le comportement humain quand l’homme est en groupe homogène autour de croyances, de violences et de rites sacrés, tribaux et racialistes. C’est sous le prisme de l’anthropologue et de l’ethnologue que je me dirigeai, plus que vers celui du religieux qui m’indispose à cause de son côté fanatique et irrationnel.

Voici ses principaux concepts que je résumerai ainsi : le mensonge romantique (moi qui pensais être unique !) la violence et le sacré, le mécanisme victimaire dévoilé par le judaïsme et le christianisme et la théorie du bouc émissaire dans les organisations humaines que j’adore littéralement ! J’avais acheté la vidéo entière à l’INA de son intervention HISTORIQUE chez Pivot. J’ai dû la visionner une bonne demi-douzaine de fois !

René Girard nous offre deux clés « scandaleuses » pour comprendre notre histoire et notre identité : le désir mimétique et la violence fondatrice de la culture.

Le désir mimétique

A la rencontre du sentiment et de la pensée, de l’intime et de la relation aux autres, le désir nous révèle et nous engage. René Girard ose nous affirmer que tout désir est mimétique, c’est-à-dire imité d’un modèle. Le désir est donc triangulaire : nous regardons l’objet de notre désir mais aussi un modèle (ou médiateur) qui nous le « désigne » cet objet à nos yeux – richesse, objet amoureux, ambition…

Dans les sociétés traditionnelles (antiques et médiévales), seule l’imitation est légitime, toute « novation » est suspecte. Le christianisme, c’est « l’imitation de Jésus-Christ ». Ainsi, Don Quichotte « vénère ouvertement son modèle (Amadis des Gaules) et s’en réclame le disciple ». L’imitation est ouverte, revendiquée.

Tout change avec la modernité et l’avènement de l’individualisme, la valorisation de la nouveauté, de l’ « originalité », le culte du « génie » : l’imitation devient généralement inavouable. Le romantique s’imagine qu’il vit une passion unique, détachée de toute influence, de toute détermination, de préférence contre la société, voire contre le monde entier. Il ne voit pas, ou plutôt il ne veut pas voir qu’il ne fait en cela qu’imiter tel ou tel modèle… comme les autres. C’est ce que dévoilent à qui prend la peine de les lire les grands romanciers : Stendhal, Flaubert, Proust, Dostoïevski… D’où le titre « Mensonge romantique et vérité romanesque ».

Cette course effrénée à l’imitation des uns par les autres dans les sociétés démocratiques, où la compétition s’étend sans cesse, exacerbe les « sentiments modernes » selon Stendhal : envie, jalousie, haine impuissante, tous aspects de la vanité. Cette « contagion mimétique » stérile mène au snobisme dépeint par Proust, et aux sentiments contradictoires montrés par Dostoïevski : pas d’amitié sans envie, d’attraction sans répulsion. C’est ainsi que l’injonction d’originalité, d’autonomie piège des cercles sociaux de plus en plus larges. Ce mécanisme mimétique touche également les groupes sociaux, les nations. Ainsi, les nobles légitimistes du XIXe siècle en sont réduits à calquer leurs comportements sur les idéaux bourgeois d’austérité, de morale familiale, de sens de l’économie…

Prendre conscience de ce « piège mimétique » dans lequel nous nous enfermons me paraît d’autant plus important à notre époque que nous vivons dans une culture – un culte – de la performance, de la compétition sociale d’autant plus généralisée (sexualité, croyances religieuses…) que les identités sont incertaines, entrant dans la même spirale… La course à une consommation de plus en plus symbolique (on achète du service, du statut, du symbole, les moyens de participer au jeu social…) crée une spirale bien réelle de destruction des ressources naturelles et de perturbations de l’environnement.

Violence et religion

La compétition mimétique croissante crée des risques de déstabilisation sociale. Nous voyons bien que tout délit, tout crime crée un désir de vengeance, appelant elle-même des représailles… C’est le rôle de l’autorité judiciaire, de désamorcer le cycle des vengeances privées, en établissant une sanction publique, qui refuse le nom de vengeance.

Mais comment font les sociétés tribales, dites « primitives » ? Elles se caractérisent généralement par

– de nombreux tabous, autour du sang, de la sexualité, de la notion de pur et d’impur…

– des mythes fondateurs parlant de meurtres, de dépeçage, de jaillissement de fécondité…

– des rites sacrificiels.

Pour René Girard, « Le religieux vise toujours à apaiser la violence, à l’empêcher de se déchaîner. » Pour cela, il garde vivant, actif le souvenir d’une crise sanglante ancienne qui a été fondatrice de la culture – une sorte de « lynchage originel », tout en prenant de multiples précautions pour éviter un nouveau déchaînement de violence : « le rituel a pour fonction de purifier la violence ». Les sacrifices, les fêtes, les rites de passage sont autant de réactivations de ce mécanisme victimaire, de manières de le rejouer et d’impressionner.

Mais le judaïsme puis le christianisme ont apporté un changement fondamental : ils ont dévoilé ce mécanisme victimaire et refusé que la religion et donc la culture se fondent éternellement sur le camouflage – transfiguration d’un meurtre originel. Dans l’épisode de Caïn assassin d’Abel dans la Bible, Dieu reconnaît le crime, le sanctionne mais il interdit la vengeance. Ainsi l’attitude de Jésus-Christ qui refuse tout recours à la violence, même au cours de sa « Passion », quand il en est arrivé à la dernière extrémité.

Depuis lors, les persécutions n’ont certes pas disparu, mais elles sont devenues repérables, comme dans le cas des massacres de juifs accusés d’avoir provoqué la peste noire au XIVe siècle.

A notre époque, la critique de toute une histoire de persécutions conduit en retour à dénoncer tout pouvoir, toute richesse, et bientôt toute culture comme intrinsèquement persécutrice. La course mimétique à la valorisation de son identité prend de plus en plus l’allure d’une compétition à qui arrivera à se faire reconnaître comme la plus grande… victime, pour pouvoir revendiquer le plus de prestige, de compensations… voire de droit à accuser les autres, sinon à les terroriser, les persécuter !

Adieu, Professeur et sincèrement merci pour votre oeuvre considérable.

Création website Marie-Louise Russo-Delattre, écrivain

C’est officiel ! Mon épouse Marie-Louise Russo-Delattre a terminé d’écrire son 1er roman ! Il s’appelle “L’humiliée”. C’est plus de 3 ans de travail, près de 320 pages ! Marie-Louise, écrivain et poète, a décidé de passer le cap de l’édition et le site lui permettra de se faire connaître auprès des éditeurs. Pas moins de 28 éditeurs vont être contactés pour faire connaître Marie-Louise et son roman.

Voici le lien :
www.marielouiserussodelattre.com/

J’ai réalisé le website sous Adobe Muse et il s’agit bien entendu de mes photos, j’ai même créé le roman en fausse 3d sous Photoshop ! On peut lire le 1er chapitre en PDF en cliquant sur “Lire un extrait” dont j’ai créé également la mise en page du roman sous Adobe Indesign CC, connaître plus en détails l’auteur, son livre et à travers une interview, sa méthode d’écriture, ses projets, ses goûts etc. Mon but a été de valoriser son image et de la montrer telle que je la connais mais aussi telle que l’on pourrait la percevoir. Le website fonctionne sur PC, Mac mais aussi sur Ipad puisque je viens de terminer sa version tablette mais pas encore sur un smartphone, version finalisée cette semaine. Quand le roman sortira je vous en parlerai…

Bonne chance, ma chérie !

Marie-Louise Russo-Delattre, écrivain

Mes deux premiers thrillers

Enfin, je me suis décidé, j’ai trouvé les sujets de mes deux thrillers à écrire ! J’attendais l’inspiration et elle est venue comme d’habitude quand on ne s’y attend jamais. Voici les titres que j’ai trouvés, les synopsis ainsi que les couvertures. J’écrirai sous le pseudonyme de Erwan MORVAN. J’ai créé les visuels de mes thrillers et de toutes nos productions à venir, toutes nos productions car Marie-Louise et moi sommes en train de créer une structure pour éditer nos écrits. Ma femme sort son prochain roman historique bientôt, il s’appelle “L’Humiliée”. C’est plus de deux ans de travail. Je suis en train de finaliser son site internet. Je vous en parlerai en temps voulu.

Thriller 1 (thriller fantastique) : LE DUEL DE L’OMBRE :


Ludovic Nolan est jeune cadre dans une boîte spécialisée en web marketing. Il vit entre Paris et Londres pour ses affaires qui ne marchent pas fort. Un matin, s’apprêtant à se rendre chez sa mère il est pris de convulsions, s’évanouit et se réveille quelques minutes après. Un peu groggy il décide de partir quand même à son rendez-vous familial. Arrivé sur place, il sent que quelque chose a changé : tout est plus positif, plus lumineux. Sa mère l’accueille comme d’habitude mais très vite, il s’aperçoit qu’elle le reconnait, lui parle normalement mais il a changé d’identité, il s’appelle Florent Lorgnier et il découvre qu’en réalité, sa vie est une réussite totale ! Gloire, richesse, amour, pouvoir. Il tente de s’expliquer mais comprend qu’il a peut-être rêvé sa vie d’avant alors il ne dit rien et se laisse griser par cette réussite, d’autant que les idées lui viennent aisément : il est en fait Directeur d’une agence de pub tv, il crée même des clips video pour des stars ! Il réceptionne des coups de fil pendant l’entrevue avec sa mère et tout semble normal. Il est brillant, éloquent, efficace. C’est le meilleur de la Place de Paris et fait partie du top ten des meilleurs publicitaires de la planète.

Les années passent et tout se passe admirablement bien jusqu’au jour où sa structure fait appel à TrafficWeb, une agence de web marketing choisie par son équipe pour le lancement web d’un produit dont il a la charge. Un certain Ludovic Nolan fait partie de l’équipe et veut rencontrer le Boss.
Qui est-il ?
Pourquoi son passé ressurgit-il alors qu’il est en pleine gloire ?
Ce Nolan lui veut-il du bien ?…

Thriller 2 : KÄRCHER


Max est un petit employé de banque sans envergure de trente ans. Il habite une banlieue parisienne un peu paumée où la misère sociale est la norme. Il est père d’une petite Julie âgée de trois ans. Il rêve d’une carrière de conseiller financier mais n’a pas la trempe d’atteindre son objectif. C’est un nostalgique d’une certaine France sous de Gaulle où l’insécurité n’existait pas. Il constate dans le métro, dans sa vie quotidienne, des actes d’incivilité en tout genre que le surmoi d’une société française bien pensante et déconnectée ne veut voir. Les chiffres tabous mais officiels de la délinquance en France explosent : 300 viols, 1000 cambriolages, 1154 victimes de violences physiques et tout cela chaque jour, l’Islam radical gagne du terrain, une économie parallèle et puissante dicte sa loi en banlieue. Immigration, chômage, menaces, criminalité, drogue, prostitution, tel est le quotidien des Français de banlieue en 2016.

Alors, il se souvient de la promesse faite par Sarkozy en 2007 de nettoyer au kärcher les ghettos de la République… Depuis, aucun politique, aucune organisation policière sérieuse n’a tenu ses promesses d’éradiquer les racailles qui sévissent en banlieue. Personne n’a pris cette décision courageuse mais salutaire pour la France.

Personne… Sauf lui.

Un thriller policier et sociologique palpitant, basé sur les chiffres réels et censurés de la délinquance en France, tirés du best-seller de Laurent Obertone, La France orange mécanique.
Max parviendra-t-il à masquer ses nombreux crimes éternellement ? Le Commissaire Fouque, surnommé Le pitbull, enquête. Ce qu’il va découvrir, malgré sa grande expérience de flic, n’est rien à côté de tout ce qu’il peut imaginer…

L’Education sentimentale (Flaubert) Extrait

740865 (1)Voici un extrait de l’Education sentimentale de Flaubert. C’est un livre important que je relis en ce moment. Pour ceux qui l’ignorent, il s’agit d’une réécriture du Lys dans la Vallée de Balzac, un de mes romans romantiques préférés du XIXe. Flaubert y traite souvent de passages autobiographiques avec notamment sa rencontre avec Élisa Schlésinger, l’amour de sa vie, imaginée en Madame Arnoux, passion qu’il ne put assouvir à cause des contingences de l’époque et qui finira peu à peu par détruire ses illusions d’amour pur et absolu.

Voici un de mes passages préférés, lorsque Frédéric la vit paraître. Un Chef d’oeuvre de littérature. Admirez ses descriptions poétiques où l’homme tombe en pâmoison devant celle qu’il considère incarner la beauté, la grâce toute féminine :

“Frédéric, pour rejoindre sa place, poussa la grille des Premières, dérangea deux chasseurs avec leurs chiens. Ce fut comme une apparition : Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu’il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l’ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l’air bleu.
Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manoeuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d’observer une chaloupe sur la rivière.

Jamais il n’avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elle avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites…”

Magnifique.

Voici tout le roman au format PDF :
http://ir.nmu.org.ua/bitstream/handle/123456789/138121/c48c8ebe29ea0e7469d87f6f39ac2fbf.pdf?sequence=1

Lettre de Flaubert à Victor Hugo

Vous le savez, j’aime la littérature française et l’Histoire de France, notamment le XIXe romantique et naturaliste. Mais ce que j’aime particulièrement, ce sont les correspondances des grands hommes de France, une sorte de proximité de leur intimité et qui se fait jour plus d’un siècle plus tard. C’est dans la correspondance des poètes et des écrivains que nous pouvons percer leurs doutes, leurs mystères, leurs souffrances et connaître ainsi leurs idoles, apprécier plus encore leurs idéaux et leur vision inspirante du monde.

740865Voici une lettre de Flaubert adressée à son idole absolue, Victor Hugo. Il est difficile pour moi de vous décrire ce que je ressens tellement mon admiration pour ces poètes est sincère et profonde. On ne peut aimer ce que l’on ne connaît pas. Moi, j’ai dévoré leurs oeuvres comme si elles m’étaient interdites… Quand je prends conscience que la France fut le centre de la littérature, des Arts et du monde, que tous ces hommes ont existé, échangé et cohabité, parfois dans la douleur, dans cette époque bénie des dieux d’un point de vue culturel, je ne puis m’empêcher de constater que nous sommes tombés bien bas car autour de nous tout n’est qu’ignorance et vulgaire, sans élévation de l’âme. Nous sommes assis sur des trésors inestimables de l’esprit humain et sommes inexorablement attirés par des beautés factices et clinquantes, sans âme ni puissance, une sorte de fausse lumière vive qui nous piège à notre propre vanité…

Flaubert est l’écrivain qui considérait que “L’artiste doit être dans son oeuvre comme Dieu dans la création, présent partout et visible nulle-part.” Comment ne pas l’aimer ?

“Croisset, 15 juillet 1853

Et d’ailleurs, Monsieur, vous avez été dans ma vie une obsession charmante, un long amour; il ne faiblit pas. Je vous ai lu durant des veillées sinistres et, au bord de la mer sur des plages douces, en plein soleil d’été. Je vous ai emporté en Palestine, et c’est vous encore qui me consoliez, il y a dix ans, quand je mourais d’ennui dans le Quartier Latin.

Votre poésie est entrée dans ma constitution comme le lait de ma nourrice. Tel de vos vers reste à jamais dans mon souvenir, avec toute l’importance d’une aventure.
Je m’arrête. Si quelque chose est sincère pourtant, c’est cela. Désormais donc, je ne vous importunerai plus de ma personne et vous pourrez user du correspondant sans craindre la correspondance.
Cependant, puisque vous me tendez votre main par-dessus l’Océan, je la saisis et je la serre. Je la serre avec orgueil, cette main qui a écrit Notre-Dame et Napoléon le Petit, cette main qui a taillé des colosses et ciselé pour les traîtres des coupes amères, qui a cueilli dans les hauteurs intellectuelles les plus splendides délectations et qui, maintenant, comme celle de l’Hercule biblique, reste seule levée parmi les doubles ruines de l’Art et de la Liberté !
A vous donc, Monsieur, et avec mille remerciements encore une fois.

G.FLAUBERT”

 

Alain Decaux raconte Victor Hugo

Je vous conseille de visionner cette série de portraits, quatre au total de 52′, consacrée à la vie de Victor Hugo par Alain Decaux de l’Académie Française. J’ai acheté les quatre volets et je dois dire que l’Académicien dresse un portrait du plus célèbre poète français avec une grande maestria. Decaux, c’est toute mon enfance où j’adorais me plonger dans ses histoires puissantes qui retraçaient les moments emblématiques de la France. J’ai d’ailleurs acheté toute une collection historique à l’INA.

Il s’agit là de mes deux passions réunies : l’Histoire du XIXe s. et la littérature française incarnées par Victor Hugo, certainement mon poète préféré avec Baudelaire. Siècle béni des Dieux en matière de Culture et d’Art, où se mêlent les plus grandes instabilités politiques et des révolutions populaires sanglantes à chaque renouvellement de génération !

Le XIXe est un foisonnement culturel dans tous les domaines. Hugo traversera ce siècle tantôt banni par l’intelligentsia de l’époque, tantôt adulé, voire idolâtré. Je connais son parcours par coeur ainsi que toutes les personnes qui ont traversé sa vie et je ne désespère pas, un jour, de consacrer une partie de mon temps, à un projet photographique autour du poète, lui-même passionné très tôt par la photo, avec l’aide d’un de ses fils. Les clichés de Ghernesey, petite île isolée d’Angleterre, – il passa vingt ans en exil pendant toute la durée du Second Empire, où il s’en prendra violemment à Napoléon III après son coup d’état du 2 décembre 1851 – sont des trésors culturels d’une valeur inestimable. Marie-Louise m’a offert un livre consacré aux photos de Victor Hugo à Ghernesey, des daguerréotypes conservés dans tous les musées du monde. Hugo se mettait en scène pour la postérité car il avait conscience de la portée universelle de son oeuvre qu’il offrit à la France et au monde…

decaux

http://boutique.ina.fr/video/art-et-culture/litterature/PACK129849418/alain-decaux-raconte-victor-hugo.fr.html

L’Opale, poème personnel

Voici mon dernier poème qui ne figure pas dans mon recueil en flash. Je l’ai écrit le 19 juillet 2014 à 2h03 exactement. Je le reposte ici pour celles et ceux qui me suivent et qui ne le connaissent pas encore.

Cela me donnera l’occasion d’écrire dans quelques jours un billet d’humeur sur l’importance de la littérature, de l’Histoire, de la philosophie, de la Culture et de la connaissance des Arts dans le milieu de la photo. C’est une approche différente et décalée, loin des stéréotypes d’entrepreneurs et d’experts de la technique que nous sommes, tout simplement parce que je crois qu’il y a un homme derrière le photographe. Sait-il encore aimer, ressentir la tragédie de la vie ? Peut-il encore se départir du matérialisme qui le rabaisse vers moins de conscience humaine ? Où peut-il trouver l’inspiration s’il se déconnecte de l’essentiel : l’amour et la vérité, l’émerveillement face à cette éphémère beauté des choses ? Comment créer une oeuvre puissante si l’on n’est pas conscient de notre misérable condition de mortels ?

L’OPALE

Autour de moi gémissent des âmes grises et sombres
Qui s’enivrent de haine et de regrets amers
Comme d’anciens trésors engloutis par les mers
Leurs rêves ensevelis, détruits sous les décombres.

Et parmi les chacals, les langues de vipères
Ces êtres misérables, condamnés et maudits
Qui mangent, célèbrent et trinquent à la mort, à l’ennui
Il en est une au monde, abhorrée des sorcières,

Défiant les miroirs de sa beauté fatale
Son charme sans égal et son âme profonde
Ont eu raison de moi, de ces bêtes immondes.

Je voudrais que son cœur, brillant comme une opale,
Dont l’éclat flamboyant marque sa pureté,
Fût envahi d’amour, à jamais désarmé.

Thierry Russo-Delattre

Henri Guillemin raconte Flaubert

Sur ce blog, vous le savez, nous parlerons photo mais de tas d’autres sujets et il en existe deux qui me tiennent particulièrement à coeur avec la Musique : l’Histoire et la littérature. Je crois qu’elles sont admirablement incarnées par Henri Guillemin, qui connait une deuxième vie sur Internet. Pour les amateurs du genre, vous connaissez sans doute toutes ses vidéos sur les grands auteurs et les grands hommes de l’Histoire de France avec notamment le cycle consacré à Napoléon, qu’il déboulonne magistralement de son piédestal, au point de me faire douter de mes convictions sur l’Empereur ! Je crois avoir tout visionné en deux ans tellement Guillemin est passionnant ! Hugo, Peguy, Chateaubriand, Voltaire, Rousseau, De Gaulle, Pascal, Robespierre, Danton, Céline, Pétain, Dreyfus, Jaurès, etc. Des moments inoubliables de savoir, de connaissance, d’intelligence et de sensibilité, car Guillemin était un homme d’une extrême sensibilité. Il n’était mû que par un seul idéal face à l’Histoire : la recherche de la vérité…

Je vous propose aujourd’hui de voir une vidéo inédite consacrée à Flaubert. Inédite car Guillemin parle en direct devant une salle comble, (format audio) contrairement à d’autres vidéos où il est seul face camera, sans prompteur. On peut y sentir l’amour de l’homme de Lettres, de l’historien qu’il fut, pour le grand écrivain, écrivain empêtré dans sa solitude, isolé dans son désespoir de vivre, dans l’élaboration méthodique et minutieuse de son oeuvre. Guillemin nous révèle son don exceptionnel pour la littérature dès ses dix-sept ans. Ses oeuvres de jeunesse ne sont en rien des brouillons mais des monuments de la littérature, avec notamment Novembre, que Flaubert écrivit à vingt ans et que Guillemin qualifie de Chef-d’oeuvre. Le voici du reste pour le partage au format PDF gratuit pour que vous puissiez le lire tranquillement sur votre Iphone ou votre Ipad : c’est proprement prodigieux de lire une telle musique des mots, de telles images d’une telle puissance pour un être aussi jeune, qui semble avoir tout compris des affres de l’existence, au sortir de l’enfance, de notre inéluctable et douloureuse fin dans la mort et de l’inanité de la vie…

http://www.kufs.ac.jp/French/i_miyaza/publique/litterature/FLAUBERT__Novembre.pdf