Dario Luschi, basse à l’Opéra de Nice

Voici le portrait de Dario Luschi, artiste lyrique professionnel à l’Opéra de Nice. Dario est un artiste que je connais et côtoie depuis plus de 15 ans. Sa particularité, bien sûr, est avant tout de chanter sur la scène de ce mythique théâtre français et ailleurs, mais également d’être un athlète accompli. 

Dario m’a commandé une série de portraits officiels pour les programmes des concerts dans lesquels il se produit régulièrement. Ce sont des portraits classiques en smoking. Or, nous avions prévu quelques créations selon mon univers en clair-obscur mettant en valeur ses qualités athlétiques.  j’ai donc retenu pour vous le présenter, ce portrait, torse nu, plus artistique, qui sort du cadre de ce qu’il m’avait commandé. J’ai recherché la virilité et la force au service de l’univers d’opéra dramatique par la sculpture de la lumière sur le corps et du regard pénétrant, je vous l’explique plus bas. Pas moins de 4 spots Fresnels cinéma entourent mon modèle sur fond de velours noir. J’ai étudié précisément la lumière sur la musculature de Dario et j’ai fait en sorte  à ce qu’aucune partie de son corps ne soit cramée ni totalement bouchée.

L’avantage quand on travaille avec des chanteurs d’opéra c’est qu’ils sont habitués aux jeux de lumière puissants, à des ambiances sombres et intenses, visibles uniquement sur des scènes de théâtre, où le tragique se mêle au dramatique, aux passions exacerbées, à l’amour et à la haine, à la lâcheté et à la grandeur d’âme, aux trahisons et aux grandes loyautés. L’expression devait être menaçante, violente. Il devait se dégager du portrait une force virile charismatique, sensuelle, tout en suggérant par le regard et la posture, une blessure de coeur, une faille affective profonde, une vulnérabilité protégée par des bras croisés à l’allure de titan. C’est l’idéal pur de l’homme trompé, trahi, humilié dans sa virilité qui ne pense qu’à sa vengeance par désespoir, tel un Don José offensé par son inaccessible Carmen qui s’est jouée de ses sentiments possessifs et de ses pulsions charnelles, pour en préférer un autre, plus flamboyant encore. La seule issue pour la Perfide et l’Indomptable est la mort…

Dario possède cette culture opératique contrastée et je n’ai pas eu à lui expliquer des heures ce qui fait la caractéristique principale de son métier et qu’il fallait retranscrire métaphoriquement par la photographie. Quelques clichés ont suffi pour immortaliser cet instant unique. Je crois que je tente de conscientiser et de matérialiser par l’image ce qui est instinctif chez l’artiste lyrique. Je pense mon Art, je l’analyse, probablement pour faire en sorte que ce dernier ne me domine pas sinon il me perdrait et m’anéantirait dans les méandres de mes propres passions…

Boîtier : Canon 5d Mark III
Objectif : 85mm 1.2
Ouverture : f/2.0
Vitesse : 1/60s
ISO : 320
Eclairage : 4 Spots Fresnels Desisti 650W + 1 réflecteur argent

 

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