Maurizio Pollini joue Bach

Un de mes pianistes préférés avec le génial et facétieux Arthur Rubinstein, Maurizio Pollini. Qui ne se souvient pas de son interprétation magistrale des Nocturnes de Chopin ? C’est une autre vision de Bach, moins métronomique que celle de Glenn Gould. En effet, j’ai toujours pensé que les interprétations de Glenn Gould, même si elles restent des références absolues dans ce type de répertoire, avaient quelque chose de mécanique, de machinal. Cela revient du fait que, nous le savons à présent, Gould souffrait d’une certaine forme d’autisme surdoué. Il pouvait emmagasiner une multitude de notes d’une précision redoutable sans jamais leur conférer une autre dimension, plus consciente ou plus habitée, j’allais dire plus humaine…

Pollini nous livre ici toute l’étendue de sa virtuosité d’une extrême sensibilité. Lorsque l’artiste sublime sa souffrance de vivre ou de ne pas pouvoir aimer à travers l’oeuvre d’art, grâce à son intelligence, sa maîtrise, sa science et sa parfaite conscience, il parle à tous les hommes qui peuvent s’identifier à lui tout en les élevant.

“Malheureux peut être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire…” (Baudelaire)

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