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L’Opale, poème personnel

Voici mon dernier poème qui ne figure pas dans mon recueil en flash. Je l’ai écrit le 19 juillet 2014 à 2h03 exactement. Je le reposte ici pour celles et ceux qui me suivent et qui ne le connaissent pas encore.

Cela me donnera l’occasion d’écrire dans quelques jours un billet d’humeur sur l’importance de la littérature, de l’Histoire, de la philosophie, de la Culture et de la connaissance des Arts dans le milieu de la photo. C’est une approche différente et décalée, loin des stéréotypes d’entrepreneurs et d’experts de la technique que nous sommes, tout simplement parce que je crois qu’il y a un homme derrière le photographe. Sait-il encore aimer, ressentir la tragédie de la vie ? Peut-il encore se départir du matérialisme qui le rabaisse vers moins de conscience humaine ? Où peut-il trouver l’inspiration s’il se déconnecte de l’essentiel : l’amour et la vérité, l’émerveillement face à cette éphémère beauté des choses ? Comment créer une oeuvre puissante si l’on n’est pas conscient de notre misérable condition de mortels ?

L’OPALE

Autour de moi gémissent des âmes grises et sombres
Qui s’enivrent de haine et de regrets amers
Comme d’anciens trésors engloutis par les mers
Leurs rêves ensevelis, détruits sous les décombres.

Et parmi les chacals, les langues de vipères
Ces êtres misérables, condamnés et maudits
Qui mangent, célèbrent et trinquent à la mort, à l’ennui
Il en est une au monde, abhorrée des sorcières,

Défiant les miroirs de sa beauté fatale
Son charme sans égal et son âme profonde
Ont eu raison de moi, de ces bêtes immondes.

Je voudrais que son cœur, brillant comme une opale,
Dont l’éclat flamboyant marque sa pureté,
Fût envahi d’amour, à jamais désarmé.

Thierry Russo-Delattre

Henri Guillemin raconte Flaubert

Sur ce blog, vous le savez, nous parlerons photo mais de tas d’autres sujets et il en existe deux qui me tiennent particulièrement à coeur avec la Musique : l’Histoire et la littérature. Je crois qu’elles sont admirablement incarnées par Henri Guillemin, qui connait une deuxième vie sur Internet. Pour les amateurs du genre, vous connaissez sans doute toutes ses vidéos sur les grands auteurs et les grands hommes de l’Histoire de France avec notamment le cycle consacré à Napoléon, qu’il déboulonne magistralement de son piédestal, au point de me faire douter de mes convictions sur l’Empereur ! Je crois avoir tout visionné en deux ans tellement Guillemin est passionnant ! Hugo, Peguy, Chateaubriand, Voltaire, Rousseau, De Gaulle, Pascal, Robespierre, Danton, Céline, Pétain, Dreyfus, Jaurès, etc. Des moments inoubliables de savoir, de connaissance, d’intelligence et de sensibilité, car Guillemin était un homme d’une extrême sensibilité. Il n’était mû que par un seul idéal face à l’Histoire : la recherche de la vérité…

Je vous propose aujourd’hui de voir une vidéo inédite consacrée à Flaubert. Inédite car Guillemin parle en direct devant une salle comble, (format audio) contrairement à d’autres vidéos où il est seul face camera, sans prompteur. On peut y sentir l’amour de l’homme de Lettres, de l’historien qu’il fut, pour le grand écrivain, écrivain empêtré dans sa solitude, isolé dans son désespoir de vivre, dans l’élaboration méthodique et minutieuse de son oeuvre. Guillemin nous révèle son don exceptionnel pour la littérature dès ses dix-sept ans. Ses oeuvres de jeunesse ne sont en rien des brouillons mais des monuments de la littérature, avec notamment Novembre, que Flaubert écrivit à vingt ans et que Guillemin qualifie de Chef-d’oeuvre. Le voici du reste pour le partage au format PDF gratuit pour que vous puissiez le lire tranquillement sur votre Iphone ou votre Ipad : c’est proprement prodigieux de lire une telle musique des mots, de telles images d’une telle puissance pour un être aussi jeune, qui semble avoir tout compris des affres de l’existence, au sortir de l’enfance, de notre inéluctable et douloureuse fin dans la mort et de l’inanité de la vie…

http://www.kufs.ac.jp/French/i_miyaza/publique/litterature/FLAUBERT__Novembre.pdf